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Nous vivons dans une société de l’écrit, c’est indéniable. Elle est loin l’époque où nos lettres manuscrites mettaient des semaines à se rendre à destination, par avion, par bateau ou par pigeon voyageur! Courriel, texto, Messenger, Twitter et j’en passe : nos communications écrites sont dorénavant innombrables. Si chacune des formes textuelles que nous utilisons n’appellent pas la même rigueur sur le plan du niveau de langue à utiliser, il n’en demeure pas moins qu’une écriture sans faute rend nos échanges non seulement plus clairs, mais aussi plus crédibles.

Alors, comme la plupart des gens, lorsque tu relis un message avant de l’envoyer, tu commences par le début et tu te rends à la fin.

Erreur ! Ta révision sera probablement peu efficace et ton cerveau pourrait même te tromper!

Lorsque nous lisons, le cerveau doit réaliser différentes étapes relativement complexes. Il doit d’abord transformer les informations qui ont été captées par les yeux, puis les transformer. Or, ce qui est capté par l’œil dépasse ce qui est écrit : en effet, l’œil perçoit la feuille de papier, le cahier ou l’écran où se trouvent les mots, en plus de percevoir les objets environnants grâce à notre vision périphérique. Ainsi, le cerveau doit d’abord faire un tri parmi toutes les informations captées afin de sélectionner ce qu’il doit traiter. Il doit également procéder au décodage du système de signes auquel il est confronté, soit la langue française, dans ce cas-ci.

Savais-tu que le cerveau est une machine qui cherche à générer du sens de manière efficace et rapide? Savais-tu que ton cerveau est prêt à ignorer des informations pour arriver à ses fins?

En effet, pour faire émerger rapidement le sens global d’une phrase, le cerveau utilise deux stratégies : son expérience et nos souvenirs. Si une phrase comporte une erreur, s’il manque un mot par exemple, ou s’il y en a un en trop, le cerveau va choisir de faire fi de cette incohérence en le rendant carrément invisible à l’œil. Quel étudiant n’a pas perdu des points parce qu’il avait oublié un petit déterminant dans une phrase? Qui n’a pas été étonné de cette erreur au moment où la copie corrigée lui était rendue? « Comment n’ai-je pas vu cette erreur », te diras-tu? Et bien… parce que ton cerveau a travaillé contre toi en cherchant à être trop efficace!

C’est pour cette raison que, lorsqu’on révise son propre travail, on révise souvent ce qui est dans notre tête et non ce qui est réellement sur le papier.

Martin Carli explique ce phénomène dans l’épisode 180 de l’émission de vulgarisation scientifique Génial! Comme tu peux le voir ici!

Mais comment se réviser, alors?

> Étape 1

Si tu as rédigé ton texte à l’ordinateur et que tu n’as pas de logiciel de correction comme Antidote, imprime ton travail : on s’autocorrige mieux sur papier.

 

Savais-tu que tous les postes de travail du Cégep de saint-Laurent sont équipés d’Antidote, un puissant outil de révision? Lorsqu’on utilise bien ce logiciel, il peut faire de petits miracles! Visionne les capsules réalisées par Pascal Grégoire pour t’aider à comprendre comment l’utiliser en cliquant ici.

> Étape 2

Identifie des classes de mots plus problématiques pour toi ou des règles que tu sais n’avoir pas encore bien intériorisées. Tu pourras alors réviser par thèmes, en quelque sorte, plutôt qu’au fil du texte. La règle du participe passé employé avec avoir demeure un cauchemar pour toi? Identifie tous tes participes passés puis assure-toi qu’ils sont bien accordés.

> Étapes suivantes

Repasse ton texte à nouveau en t’attardant à une autre de tes difficultés. Par exemple, si tu sais que tu as tendance à mal conjuguer tes verbes, relis ta rédaction en les ciblant, puis assure-toi qu’ils sont accordés avec le bon sujet.

 

Fait intéressant
Près de 90% des verbes de la langue française sont des verbes du premier groupe, soit des verbes « ER ». À l’exception du verbe « aller », ils se conjuguent tous comme le verbe « aimer».
1 verbe = 90% des verbes
La langue française, ce n’est pas toujours si compliqué!

 

En ciblant tes propres difficultés et en corrigeant tes travaux par thèmes, tu arriveras certainement à réduire de manière considérable tes fautes. Les premières fois, tu trouveras assurément que cette méthode est un peu plus longue, voire un peu fastidieuse. C’est ainsi que notre cerveau fonctionne : il cherche l’efficacité tout en étant un peu paresseux… et quoi de plus difficile que d’apprendre une nouvelle méthode de travail? Le changement, chez l’humain, ça ne va pas de soi!

J’espère que de savoir à quel point ton cerveau peut te berner lorsque tu te révises t’aura convaincu d’utiliser des stratégies plus efficaces que la relecture d’un point A à un point B. L’idéal, pour bien déjouer notre tête, est de laisser passer quelques jours entre le moment où l’on termine son travail et le moment où l’on se révise. Encore faut-il ne pas terminer ses travaux au bout milieu de la nuit, quelques heures à peine avant le moment de la remise…

À propos de l’auteure

Annie Gingras

Annie Gingras

Enseignante de français

Annie Gingras est enseignante de littérature au département de français du cégep de Saint-Laurent depuis une quinzaine d’années. Elle affectionne la littérature contemporaine et s’intéresse beaucoup à la bande dessinée. Responsable de la valorisation de la langue au collège depuis quelques années, elle cherche à mieux comprendre comment soutenir les étudiants en difficulté en lecture et en écriture dans toutes les disciplines, entre autres en trouvant des stratégies pour améliorer leur niveau de littératie. Sur une île déserte, elle apporterait certainement Les Hauts de Hurlevent de Brontë, les romans de Baricco, quelques bandes dessinées, Le jardinier-maraîcher de Jean-Martin Fortier et une pelle… Parce qu’il faut bien savoir allier ses passions littéraires et son côté pratico-pratique!