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Alors que le cégep de Saint-Laurent a dû fermer ses portes à cause de la situation liée à la COVID-19, les membres du personnel se mobilisent pour vous offrir des trucs, des conseils, des anecdotes, histoire de passer à travers cette période de distanciation sociale. En tout temps, pour connaître les dernières nouvelles du Cégep liées au coronavirus, vous pouvez consulter cette page.

Nous vivons une période jamais vue dans le monde moderne! La pandémie et la réaction des différents paliers de gouvernement (municipaux, provinciaux et fédéral) touchent la majorité de la population.

Les fermetures en rafale récentes et les mises à pied qui ont suivi partout dans la province et au pays ont fait augmenter les demandes d’assurance-emploi. Les personnes touchées par ces mises à pied « temporaires » peuvent être anxieuses; la plupart n’ayant jamais touché de chômage. Plus que jamais nous devons nous serrer les coudes et être solidaires.

Il n’est pas évident de trouver réponses à nos questions en ces temps de confinement. J’ai donc pensé pondre un petit texte concernant les principales préoccupations du moment. D’abord concernant l’assurance-emploi, quelles sont les démarches et surtout, est-ce accessible à tout le monde? L’importance d’avoir un budget : plusieurs ont moins de revenus, mais autant de dépenses. Le budget demeure un outil indispensable pour y voir clair dans ce contexte. Finalement, la consommation locale : essentielle pour une reprise de nos petites et moyennes entreprises lorsque la tempête sera passée.

Assurance-emploi

D’abord, réglons le cas de l’assurance-emploi : sachez que vous pourriez avoir droit aux prestations régulières si :

  • Vous occupiez un emploi assurable (vous auriez donc cotisé à l’assurance-emploi). En 2020, le taux de cotisation à l’assurance-emploi des travailleurs du Québec a été fixé à 1,20$ par tranche de 100$.
  • Vous avez perdu votre emploi sans en être responsable. C’est le cas par exemple, si votre employeur a dû fermer boutique pour éviter la propagation de la COVID-19.
  • Vous avez travaillé pendant le nombre requis d’heures d’emploi assurable au cours des 52 dernières semaines ou depuis votre dernière période de prestations, la période la plus courte étant retenue. Selon le taux de chômage dans votre région, vous aurez besoin de 420 à 700 heures d’emploi assurable pour être admissible aux prestations régulières. Emploi-Québec calculera le nombre d’heures requises pour vous.

Vous aurez alors droit à 55 % de votre revenu brut, jusqu’à un maximum de 573 $ par semaine, pour une durée allant de 14 à 45 semaines, selon le nombre d’heures accumulées.

Vous devrez ensuite faire une déclaration des heures travaillées toutes les deux semaines via Internet. Le « délai de carence », qui imposait une première semaine sans revenu, n’a été aboli que pour les prestations de maladie de l’assurance-emploi (dans le cas où vous devez être en isolement parce que vous avez le virus, par exemple). Dans la plupart des cas, vous devrez attendre une semaine pendant laquelle vous ne recevrez pas de paie. Fait à noter : l’employeur ne peut vous obliger à vider votre banque de vacances ou d’heures supplémentaires avant une mise à pied. C’est illégal.

Il faut savoir aussi que les travailleurs à faible revenus verront leur crédit pour la taxe sur les produits et services doubler. Ce qui représente 443$ de plus pour une personne seule. Il ne faut donc pas trop tarder à produire votre déclaration de revenu.

* Les gouvernements font plusieurs annonces pour aider ceux et celles qui subiraient un stress financier à cause de la COVID-19. Le gouvernement fédéral a instauré le 25 mars 2020 la Prestation canadienne d’urgence pour venir en aide aux travailleurs et aux entreprises. Tenez-vous au courant et vérifiez si vous êtes éligibles.

Budget

Une mise à pied, surtout dans le contexte qui nous occupe, peut entraîner de l’incertitude économique. La première chose à faire, si ce n’est déjà fait, est de faire un budget. Pour ce faire, il faut regrouper toutes vos informations concernant les dépenses et les revenus anticipés dans les prochaines semaines. Le principe est simple : dans une colonne vous inscrivez vos revenus pour une période donnée, habituellement un mois ou une semaine, et dans l’autre vos dépenses. Il ne faut rien oublier!

Il existe plusieurs modèles de budget disponibles en ligne, comme celui-ci.

Une fois le budget établi, il faut séparer vos besoins essentiels de ceux qui ne le sont pas. Se nourrir et se loger font partie des besoins dit essentiels. Se vêtir aussi… Mais normalement, vous possédez déjà assez de vêtements pour survivre! Les besoins non essentiels doivent être supprimés de vos dépenses à court terme. Il est aussi utile, par exemple, de vérifier votre garde-manger pour consommer ce que vous avez déjà avant de vous diriger à l’épicerie.

Certaines dépenses sont dites « fixes » et sont normalement incontournables : le loyer, l’électricité, les prêts personnels, etc. Ce sont les dépenses qui sont mensuelles. Plusieurs institutions financières et compagnies (dont Hydro-Québec) ont annoncé des mesures d’assouplissement. Il serait bon de vérifier, surtout si vous avez des problèmes à boucler votre budget.

Consommation solidaire

Les produits locaux ne sont pas nécessairement hors de prix comme le veulent tant de mythes. Le premier ministre du Québec n’a jamais si bien dit lorsque, le 19 mars dernier, il a incité les Québécois et les Québécoises à consommer des produits faits au Québec. Plusieurs entreprises ont besoin de cette solidarité pour rester en vie et ne pas faire une faillite.

Même en cette période de confinement, où plusieurs commerces et marchés viennent d’être interdits, il est possible de choisir de consommer local plutôt de préférer la facilité en se tournant vers les grandes entreprises et leurs services de livraisons. Partageons les bonnes adresses entre nous. Encourageons les petits restaurants en achetant des certificats-cadeaux pour leur permettre d’avoir une entrée d’argent. Pourquoi demander un remboursement d’un billet de théâtre? Attendons de voir si le spectacle sera remis à une date ultérieure… Une multitude de petits gestes feront la différence pour plusieurs entreprises québécoises.

Pour l’instant, les vies humaines sont la priorité. Plusieurs commerces locaux ont dû fermer temporairement leurs portes pendant cette crise sanitaire pour contrer la pandémie. Une fois cette crise passée, il faudra plus que jamais encourager nos petits commerçants car c’est par eux que passera le levier du développement économique. La survie de nos PME dépend des choix économiques de chacun d’entre nous.

Partout il faut (re)penser consommation locale.

À propos de l’auteur

Luc Dragon

Luc Dragon

Enseignant en sciences économiques

Luc Dragon a un diplôme de premier cycle en économique de l’université de Sherbrooke. Il a travaillé chez Emploi et immigration Canada et Agriculture Canada comme économiste.  Ensuite, il est passé chez Banque Nationale, puis chez Financière Liberté 55 comme conseiller financier avant d’aboutir comme enseignant au Collège Français de Montréal. Luc enseigne au cégep de Saint-Laurent depuis janvier 2004.